Parfois ce sont les événements de la vie qui nous poussent à nous lancer. Souvent on entend parler de licenciement ou de burnout (et de sa prise de conscience que quelque chose n’était pas aligné dans notre vie).

Rien de tout cela dans le cas de Marie. C’est une expatriation qui lui a fait quitter son travail de notaire pour prendre une toute autre direction.


Avant de parler de ton activité, si on parlait un peu de toi … 

Moi, c’est Marie ! Française d’origine, Bruxelloise désormais, épouse comblée et mère épanouie de 2 petites canailles: Joséphine bientôt 5 ans et Agathe 2 ans et demi.

Raconte-nous ton activité

Je suis l’une des mamans de la boutique pour enfants “Pipelettes et Galopins” qui a ouvert ses portes en septembre, dans le quartier “Mérode”, à Bruxelles.

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Comment t’es venue cette idée ?

En plusieurs étapes !

J’étais tranquillement installée depuis 8 ans dans ma vie de notaire dans une étude parisienne quand on a proposé à Emmanuel (ndlr: mon cher et tendre époux) un nouveau poste à Bruxelles. Nous sommes alors en juillet 2014 et nous prenons donc la décision de venir nous y installer en famille. Par voie de conséquence, pour ce qui me concerne, cela impliquait de mettre un terme à ma précédente carrière.

Ce changement de vie m’est très vite apparu comme une formidable opportunité : c’était l’occasion à la fois d’offrir une meilleure qualité de vie à nos enfants mais également d’oser concrétiser mon envie d’ouvrir un petit commerce. A ce moment-là, je ne savais pas encore quel type de boutique ce serait. J’aime la bonne bouffe (et surtout le FROMAGGGE), les cafés cosis, les jolies choses… En résumé je savais que je voulais créer un lieu de convivialité, de rencontres et d’échanges, je voulais un cadre chaleureux et esthétique mais c’est à peu près tout ce que je savais.

Et puis… maman de 2 enfants en bas âge, évidemment, j’étais sensible, comme beaucoup d’entre nous, à leur univers. Schaerbeekoise, j’ai constaté assez vite qu’il y avait très peu de propositions un peu alternative et/ou qualitative dans cette partie de Bruxelles et je me suis donc lancée !

Est-ce que te lancer dans l’entrepreneuriat était un rêve de longue date, une idée nouvelle ou une nécessité ?

Comme précisé supra, j’avais une vie très différente à Paris et si j’étais restée là-bas je n’aurais certainement pas tout plaqué pour ouvrir une boutique pour enfants… En revanche, fille d’indépendant et petite fille de commerçants, j’ai probablement toujours eu en moi le gêne de l’entreprenariat… et d’ailleurs j’aurais, à terme, aussi été indépendante dans mon ancien métier !

Alors, je vous l’accorde, les deux n’ont vraiment rien à voir mais s’il y a un point commun entre les deux activités c’est probablement cet “état d’esprit” là !

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As-tu (eu) des doutes ? Lesquels et comment fais-tu pour les surmonter ?

Pas tant que ça ! Mais j’ai eu de la chance finalement : j’ai d’abord fait le choix de tout quitter pour vivre une nouvelle page de notre histoire familiale et, ensuite, j’ai décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure professionnelle. C’est beaucoup plus facile ainsi, il fallait juste réunir les bonnes conditions pour que j’ose me jeter à l’eau.

Au niveau personnel, que te rapporte le fait d’être devenue entrepreneure ? 

Un peu de tout !

De la fierté : celle d’avoir mené un projet de A à Z, de le voir se concrétiser et d’être encouragée et félicitée pour cela, c’est très gratifiant !

De la liberté : dans un sens le fantasme d’être “son propre patron”, de ne pas rendre de compte donne un sentiment de liberté. Mais attention, dans le cas d’un commerce, cette liberté est restreinte d’autres manières. Par exemple, il n’y a aucune souplesse dans l’organisation du temps de travail : la boutique est ouverte de 10h à 18h30, 5 jours sur 7, je ne vais pas mettre un panneau “partie chez l’esthéticienne” ou même “fermeture pour cause d’enfant malade”, c’est donc aussi très contraignant.

De l’accomplissement : un sentiment agréable avec aussi son corrolaire en terme de responsabilités et de pression…

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Beaucoup de femmes se lancent notamment en espérant mieux concilier vie privée et vie professionnelle, qu’en penses-tu ? Est-ce cela fonctionne pour toi ? 

Pour moi, malheureusement, c’est tout le contraire! Cela est peut-etre vrai pour certaines activités d’indépendantes qui peuvent s’exercer à la maison ou avec des horaires flexibles etc… Dans mon cas, il faut bien l’admettre, je trouve ce sacrifice sur ma vie de famille assez douloureux. J’avais beau le savoir, laisser sa petite famille le samedi, je trouve toujours cela très dur.

Mais je suis chanceuse car mon amie Pauline a rejoint l’aventure Pipelettes et Galopins récemment et cela va me permettre de trouver un meilleur équilibre entre vie de famille et vie pro !

Peux-tu citer des ressources qui t’ont aidée dans la création et le lancement de ton projet ?

Le guichet d’économie locale de la région de Bruxelles Capitale. J’ai été suivie par une conseillère fantastique pendant 4 mois pour élaborer ensemble le plan financier de l’opération. Tout est gratuit et, si vous n’êtes pas des pros d’Excel, alors il ne faut vraiment pas vous priver de leur aide !

Quels seraient tes conseils pour celles qui ont envie de se lancer ?

En septembre, j’aurais répondu: une bonne dose de folie et tout autant de rigueur: les 2 ingrédients pour lancer ce genre d’entreprise, à mon sens. Mais, vu le contexte de l’année écoulée, la folie est probablement prépondérante :-) !

Quels sont tes meilleurs secrets pour bien communiquer sur son projet ?

Je n’ai pas de “secret”, la communication est un monde qui m’était totalement étranger il y a encore quelques mois. J’ai découvert le pouvoir des réseaux sociaux et, si je ne les utilise pas à titre personnel, je sais qu’il s’agit d’outils redoutables d’un point de vue professionnel.

J’ai aussi la chance d’être dans un secteur où nous sommes assez peu nombreux donc, assez vite, les journaux spécialisés et blogs ont entendu parlé de moi. J’ai eu la chance de bénéficier de plusieurs articles spontanés.

Pour le reste, j’essaie d’être cohérente avec ma philosophie générale, je n’aime pas les matraquages publicitaires, et préfère les échanges plus personnalisés.


Retrouvez Pipelettes & Galopins 

Son site web
Sa page Facebook
Son compte Instagram

La boutique se trouve rue de Linthout 190 à 1040 Bruxelles.
Elle est ouverte du mardi au samedi, de 10h à 18h30.

CREDIT PHOTOS
Les photos de cet article m’ont été fournies par Marie pour illustrer cet article.