J’ai rencontré Emilie via le réseau Mompreneurs. Elle prenait sa vie de photographe indépendante en main et cherchait tous les conseils judicieux et utiles qu’elle pouvait trouver pour se faire connaître, sortir de sa zone de confort et faire bouger son business-passion.

Très vite nous avons décidé de collaborer sur un projet sur lequel je travaillais déjà déjà, à savoir la communication et la création du site web de Caroline’s Kitchen à La Hulpe. Rendez-vous fut pris pour qu’elle capte des moments vrais dans les coulisses de ce traiteur – restaurant dédié à la cuisine saine.

Emilie est revenue sur ces moments et a publié ses photos dans un article de son blog que je vous invite à découvrir : Reportage chez Caroline’s Kitchen

En plus de son travail, j’ai eu envie de vous faire découvrir l’entrepreneure qui se cache derrière ses objectifs, ceux de son appareil photo mais également ceux qu’elle se fixe pour son activité.

Rencontre avec Emilie de EmiVa Photos

Si on parlait de toi….

Je m’appelle Emilie, j’ai 34 ans. Je suis mariée depuis presque 9 ans à Grégoire, mon fabuleux mari, qui me soutient dans tous les rôles de ma vie. Nous avons 3 enfants qui ont entre 7 et 3 ans. Cela demande pas mal d’énergie et d’organisation au quotidien… mais, sans eux, ma vie ne serait pas complète !

La famille est quelque chose de très important pour moi. C’était déjà le cas lorsque j’étais plus jeune… je rêvais alors d’avoir 6 enfants (j’étais jeune et peut-être un peu naïve :-D )… La réalité m’a vite rattrapée et trois enfants c’est presque pareil que 6 finalement. J’adore, par-dessus tout, voir comment ils grandissent et évoluent. C’est un peu magique !

Quelle est ton activité

Je suis photographe lifestyle.

Ce qui signifie que je photographie la vie telle qu’elle est. Je capte les instants, les expressions, les gestes… de façon naturelle.

Je m’adresse d’une part aux couples, aux familles, … pour des reportages du quotidien ou d’évènements plus particuliers. Je souhaite faire des photos qui raconteront leur histoire et qui viendront enrichir leurs souvenirs. Pour cela, je m’invite chez chacun, là où l’on se sent bien, dans son cocon et je prends sur le vif les moments extraordinaires de l’ordinaire : le petit déjeuner, moments de jeux, instants câlins, temps de repos, l’heure des bains, la promenade du dimanche … des instants merveilleusement personnels.

Je m’adresse également aux professionnels qui sont à la recherche d’images authentiques pouvant véhiculer leur message et leurs valeurs. Avec ma vision lifestyle de la photographie, je souhaite mettre en valeur tout ce qui compose une société, tout ce qui fait qu’elle est unique, son personnel, ses bâtiments, ses produits, ses services, ses valeurs, son savoir-faire … parce que je crois qu’une société ne se limite pas à une image bien nette d’un produit bien propre sur un fond blanc. Je propose des reportages d’entreprise, naturels, sur le terrain et réalistes. Pour obtenir des photos qui ont du sens, qui racontent quelque choses, pour qu’on y voit les gestes de ceux qui construisent, mettent en place, organisent et même utilisent.

Quel parcours as-tu fait pour arriver à cette idée d’activité ?

J’ai toujours été attirée par les images. Enfant j’ai fait beaucoup de dessin, peinture… Ado, je découpais les photos dans les magazines de mode, je faisais des collages… Un jour j’ai hérité du vieil appareil photos de mes parents. Un petit appareil  compact  (argentique évidemment)… et j’ai découvert la magie des photos. A 18 ans j’ai vidé mon compte en banque pour m’acheter un réflex… et à partir de ce moment là, on ne m’a plus arrêtée !

Avec la naissance de mes enfants, ma passion a pris un nouveau tournant, j’ai eu encore plus envie de raconter des choses et de garder des traces de tous ces instants précieux que l’on vivait et que je voyais filer à toute allure !

L’idée que d’autres avaient sûrement aussi envie d’avoir des images de leurs vies, de leurs instants quotidiens a alors germé. J’avais envie de raconter d’autres histoires, d’enrichir les souvenirs de chacun. Et de le faire pour eux, comme je le faisais pour moi, c’est-à-dire plongée dans leur quotidien pour capter de vrais moments de vie, naturels et spontanés.

Est-ce que te lancer dans l’entrepreneuriat était un rêve ?

J’ai fait des études qui n’ont rien à voir avec la photographie, je suis enseignante. Un choix de « sécurité » influencé par mes parents. Un choix qui me convenait très bien jusqu’à ce que je commence à me sentir coincée dans cette structure un peu rigide qu’est l’école.

Je souhaitais pouvoir mener mes projets moi-même comme je l’entendais.

J’avais la tête remplie d’idées et l’envie de mettre la photographie en avant dans ma vie ! Me lancer dans l’entrepreneuriat était la solution idéale !

As-tu eu des doutes ? Lesquels et comment fais-tu pour les surmonter ?

J’ai eu des doutes, j’ai eu peur de ne pas avoir de clients et donc aucune rentrée d’argent.

Evidemment, avec trois enfants, la question de la « sécurité financière » n’est pas négligeable. J’ai donc pour l’instant opté pour un bon compromis entre la sécurité de l’enseignement et ma volonté de développer mon projet, j’ai gardé un mi-temps comme enseignante.

Mais plus je vois les demandes arriver, les collaborations se mettre en place, plus je me dis que devenir indépendante à plein temps un jour sera possible ! Et vous savez quoi ? Plus j’y crois moi-même, plus ça marche évidemment !

Cela dit, je pense que j’aurai malgré tout, toujours des doutes sur moi-même et sur ma capacité à y arriver. Le tout est de faire en sorte que ces doutes soient des moteurs plutôt que des freins. J’essaye d’utiliser mes doutes pour me poser les bonnes questions, me remettre en question, ajuster le tir, identifier mes besoins et y apporter des réponses.

Au niveau personnel, que te rapporte le fait d’être devenue entrepreneur ?

Au niveau personnel, le fait de me lancer m’a donné énormément de confiance en moi ! Je me suis rendue compte que j’étais capable de réaliser des choses par moi-même. Qu’il y avait moyen de réussir autrement qu’en suivant un chemin bien droit, tracé et balisé (comme celui de l’école que je n’avais finalement jamais quittée, depuis l’âge de 3 ans !!!!). Et j’ai pris goût à cette liberté, à ce pouvoir de décider et de choisir vers où aller et comment y aller.

Et aussi, le fait de me rendre compte de l’impact de mes réalisations, voir que non seulement les gens apprécient mon travail, mais qu’en plus le résultat peut les toucher, les émouvoir… et pas seulement mes proches. Me rendre compte que je peux répondre aux demandes de toute une série de personnes, que mes photos leur parlent, que mon style leur plait… qu’ils reviennent, ou parlent de moi à d’autres ! C’est assez incroyable et boostant !

Quels seraient tes conseils pour celles qui ont envie de se lancer ?

Dans un secteur comme la photographie, je pense qu’il faut vraiment se spécialiser, offrir quelque chose de particulier et ne pas vouloir faire de tout ! On fait davantage confiance à quelqu’un qui est spécialisé dans un domaine, dans un style.

Peux-tu citer des ressources qui t’ont aidée dans la création de ton projet ?

Caroline Cuinet, photographe de BlueCicada Photography, est un des déclencheurs de mon lancement ! J’ai suivi avec elle une formation sur les séances lifestyle avec les nouveaux nés. A la suite de cette formation, j’ai eu les idées claires, je savais ce que je voulais faire, comment et  pourquoi.

Depuis, je fais partie d’un collectif de photographes francophones, mené par Caroline « Narrateurs de vie ». Ce collectif, me permet de continuer à me questionner sur ma pratique, à m’interroger, mais aussi à échanger avec d’autres et de se laisser inspirer parfois !

Une autre personne qui est une belle ressource, pour tous les photographes je pense, c’est Rachel Nething et son site Portrait ou Paysage. Elle aborde tous les aspects du travail d’un photographe. De la technique à l’inspiration, de la communication à l’organisation, en passant par le marketing et le packaging… C’est une vraie mine d’or pour moi. Et c’est d’ailleurs par là que j’ai fait la connaissance de Caroline dont je parlais juste avant !

Quels sont tes meilleurs secrets pour bien communiquer sur ton projet ?

En tant que photographe je tenais absolument à avoir un beau site internet, une vitrine où exposer mon travail… Communiquer avec mes images me plaisait bien plus que les mots.

La partie blog de mon site est vraiment importante pour moi, car elle me permet de montrer régulièrement mon travail et de parler de façon plus approfondie de certains aspects de celui-ci.

Un beau site internet avec un blog c’est bien encore faut-il que les gens sachent qu’il existe. Une page Facebook vivante était donc aussi nécessaire. La mienne est très intiment liée à mon site. J’y partage les articles que je rédige sur mon blog et je partage les articles d’autres, que j’aime et qui ont un rapport de près ou de loin avec mon activité.

Etre plus présente de manière directe et communiquer davantage via cette page est un de mes objectifs, afin que celle-ci soit plus vivante et plus proche des gens qui y passent.

Et, en tant que fan de l’image, Instagram reste mon réseau social favori, même s’il faut reconnaître qu’il n’a pas le même impact sur mes ventes.

Il y a aussi tout l’aspect communication directe et très personnalisée, mails, échanges téléphoniques, rencontres … Pour préparer une séance, il faut être sûre que les clients et moi soyons sur la même longueur d’onde, que le courant passe. Je passe donc beaucoup de temps à choisir mes mots lorsque je réponds à une demande, je veux être sûre que l’on me choisisse en sachant exactement ce que je propose.

Quelle place accordes-tu au networking ? Fais-tu partie de réseaux ?

Je fais partie du réseau des Mompreneurs, un réseau professionnel de mamans entrepreneurs. Ce réseau me permet de nouer des contacts pour des partenariats, de trouver des ressources et des aides par rapport à des compétences qui me manquent pour mener à bien mes projets. C’est aussi un réseau très fort pour l’entraide et le soutien. Travailler seule me plait, mais savoir qu’il y en a d’autres qui vivent les mêmes expériences et pouvoir se tourner vers elles en cas de besoin, en cas de coup de mou, ça fait du bien.

Je suis également en train de découvrir le réseau FAR et plus particulièrement l’antenne montoise, dans le but de me créer un réseau local, toujours avec des femmes actives et pleine de projets !

Je fais également partie d’un petit réseau local, « non-officiel », d’indépendants de ma commune.

Tous ces réseaux sont une force, ce sont des ressources, des idées, des échanges… bien souvent des projets en naissent et nous font grandir, mon activité et moi !

Beaucoup de femmes se lancent notamment en espérant mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Qu’en penses-tu ? Est-ce que cela fonctionne pour toi ?

Il ne faut pas se leurrer, travailler comme indépendante, ça prend du temps, ça demande de s’investir… je pense que si on compte en nombre d’heures de travail, je travaille bien plus qu’avant. Mais la différence c’est que maintenant je ne compte plus, je fais ce que j’aime et si je dois y passer plus de temps, cela ne me semble pas pénible.

Je travaille souvent pendant le week-end, chose que je ne faisais jamais avant. Travailler le week-end demande des adaptations de la vie de famille, mon mari a toujours été très présent pour les enfants, c’est donc assez naturellement qu’il passe un peu plus de temps avec eux, si je dois m’absenter. Mais, ce que je fais le week-end me laisse du temps la semaine, lorsque les enfants ont besoin de moi pour aller les conduire et les chercher à l’école, pour m’occuper des devoirs, … Je peux me rendre disponible pour ces moments-là. On ne doit pas se presser tous les matins, ils ne passent pas des heures à la garderie… c’est important à mes yeux d’être là à ces moments-là.

Travailler chez soi demande aussi beaucoup de rigueur, sans quoi, je serais vite tentée de consacrer du temps aux tâches ménagères à un moment où j’avais prévu de bosser… Il faut aussi que l’entourage comprenne que ce n’est pas parce que je suis à la maison que je suis disponible.

L’idéal est donc de s’organiser et de bien mettre les choses au clair pour soi et pour les autres.

Pour mon organisation personnelle, je définis clairement les heures de la semaine où je bosse pour EmiVa et je m’y tiens. Depuis peu je prends du temps le dimanche pour planifier ma semaine, noter ce que j’ai à faire et quand je vais le faire.

Pour les autres, je dis clairement à tel moment je suis là pour vous, pour les trajets, les courses, le repas, les discussions, les sorties… à tel moment je suis à la maison mais je ne suis là pour personne, je bosse et à tel moment je ne suis pas là ! Les autres en fait c’est mon mari et mes enfants qui sont directement concernés et qui commencent à bien intégrer l’idée que même si je suis là, je ne suis pas forcément disponible.

Mais les autres, c’est aussi le reste de la famille, les amis,… Certains voient juste mon activité comme un passe-temps qui a pris un peu d’ampleur plutôt que comme un véritable job. Du coup ils ne comprennent pas toujours que je puisse être à la maison mais pas libre !

Reçois-tu du soutien de ta famille et de tes proches ?

J’ai l’énorme chance de recevoir un soutien inconditionnel de mon mari ! Plus qu’un soutien, il me pousse à me dépasser et à avancer… il sait vers où j’ai envie d’aller et il fait tout ce qui est en son pouvoir pour m’y aider ! Je ne pense pas que j’aurais pu me lancer dans cette aventure sans lui !

Je peux aussi bénéficier de son expertise dans différents domaines… notamment en informatique ! Ce qui est d’une aide très précieuse !

Pour les autres, ma famille, mes amis, ils me soutiennent, font ma pub, … sans toujours bien comprendre vers où je vais.

Personne n’a jamais tenté de me décourager.

Comment envisages-tu tes concurrents ? Ils te font peur ?

Mes concurrents sont nombreux, et dans ce sens ils me font un peu peur… c’est un défi de pouvoir se faire remarquer, de sortir de la masse !

Mais, la photographie est aussi quelque chose de très personnel, plein de sensibilité et dans ce sens, je sais que nous sommes tous très différents les uns des autres et que nous apportons tous notre propre regard, notre propre vision. Il y a donc une place pour chacun si le travail est de qualité.

J’ai une vision bien particulière, à moi, unique je pense. Du coup, je sais que mon travail ne plaira pas forcément à tout le monde et ce n’est pas ça que je recherche. Je sais que mes photos plaisent à certaines personnes et qu’il y a de la demande par rapport à ce que je fais… et je veux qu’on me choisisse pour ma spécificité !

Quelles sont les actualités que tu as envie de partager ?

Depuis peu je propose un service de reportage photos pour les crèches et très bientôt aussi pour les écoles. Je me rends dans ces établissements pour y  réaliser un reportage sur le terrain, plongé dans le vif des crèches et des écoles, pour des photos spontanées et authentiques. Des photos à travers lesquelles se refléteront vraiment l’ambiance de ces établissements et la personnalité des enfants.

Loin des poses figées, des sourires crispés devant des fonds impersonnels, j’avais l’envie d’offrir à tous des souvenirs qui ressemblent vraiment aux moments passés sur les bancs de l’école. Je vais dans chaque classe, en toute discrétion, je prends soin de réaliser des portraits de chacun, mais aussi des plans larges révélant l’atmosphère générale des groupes. Des souvenirs pour les enfants qui grandiront et l’occasion pour les parents de découvrir « l’envers du décor ».

 

Crédit photos © EmiVa Photos – Photos publiées sur ce site avec son aimable autorisation

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