En cette période de chasse aux cadeaux, quelle meilleure idée que de vous présenter Alice et son site rempli de bonnes idées. Encore une entrepreneure qui a décidé de ne pas s’ennuyer dans son travail et de faire ce qui lui plait.


Qui es-tu ?

Je suis Alice, temploutoise (Namur), mariée, j’ai 43 ans et deux enfants, Léa et Tom. J’aime ma vie et tout ce qui commence par slow ? : slow living, slow travelling, slow startup.

Quelle est ton activité ?

Je vends des objets cadeaux à messages : des mugs, T-shirts, sweats, sacs, porte-clés et coussins sous la marque « Ah Oui ! ». J’ai choisi ce nom de marque car je souhaitais que les gens se disent « ah oui, j’ai trouvé ce que je cherchais ».

Mon créneau : les objets doux et épurés, des packagings « cadeau » et un humour tout en finesse.

Comment t’es venue cette idée ?

Enfant, la période des fêtes était pour moi l’occasion de chercher le cadeau idéal, celui qui ferait vraiment plaisir : je fabriquais des cadeaux pour mes proches. J’aimais dessiner puis j’ai aimé le graphisme et l’infographie pendant mes études en Communications à l’Ihecs.

J’ai travaillé pour un grand groupe, dans des fonctions diverses pendant plus de 15 ans. J’ai vraiment aimé cette période et appris énormément mais j’avais l’impression d’avoir fait le tour et il me restait encore au moins 20 ans de carrière à faire. En 2015, un licenciement collectif m’a donné la chance de me réorienter complètement et de lancer « Ah Oui ! ».

Est-ce que te lancer dans l’entrepreneuriat était un rêve ?

Il y a beaucoup d’indépendants dans ma famille et, très jeune déjà, je pensais essayer aussi.

As-tu (eu) des doutes ? Lesquels et comment fais-tu pour les surmonter ?

J’ai très régulièrement des doutes. Comme beaucoup d’entrepreneurs autour de moi, je connais les montagnes russes émotionnelles.

J’ai bien sûr des doutes sur mes capacités et le sens de ce que je fais. Je les surmonte en me concentrant sur les choses à faire et en me focalisant sur des échéances : quand une production est lancée, il est inutile de remettre tout en question, par contre, avant chaque création d’une nouvelle collection (2 fois par an), la question se pose d’une poursuite ou d’un arrêt, seul moment où je me l’autorise vraiment.

Mon truc pour me remonter le moral : écouter Pharrell Williams à fond, par exemple « Happy » ou « Freedom ».

Que t’apporte le fait d’être devenue entrepreneure ?

Je me connais encore mieux : mes limites, mes qualités, mes ressources.

Je n’ai pas vraiment plus de temps qu’avant, au contraire, mon bureau est à la maison et je n’ai jamais l’impression de travailler donc, je  n’ai pas vraiment de limites. J’ai sans aucun doute une bien meilleure qualité de vie, moins de stress, de route, je peux me libérer plus facilement pour la famille.

La conciliation vie privée / vie pro, ça fonctionne pour toi ?

Avant j’étais trop absente, maintenant, je sens que je suis parfois trop présente en tant que maman. Difficile de consacrer du temps à son activité sans exagérer. D’être claire sur le fait qu’on travaille et qu’on a besoin de s’y consacrer, mais pas trop souvent. En gros, c’est difficile de trouver l’équilibre de ce côté-là. Mon objectif était effectivement de mieux concilier vie privée et vie professionnelle. Je ne suis pas sûre d’y être vraiment arrivée.

Peux-tu citer des ressources qui t’ont aidée dans la création et le lancement de ton projet ?

J’ai été accompagnée par Job’In Design, cela m’a bien aidée. Par la suite, le fait de faire partie du réseau des Mompreneurs et du F.A.R. ont été des aides précieuses autant humainement que professionnellement. Habituée à travailler en équipe, je me suis sentie assez seule et fréquenter ces réseaux grouillant de femmes pleines d’énergie et de projets m’a fait beaucoup de bien.

Quels seraient tes conseils pour celles qui ont envie de se lancer ?

Chacun est différent, c’est vraiment difficile de donner des conseils qui ne soient pas trop réducteurs. Pour donner l’impulsion à celles qui hésitent à se lancer, je reprendrais une phrase de Nelson Mandela : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. ». Le voyage en vaut toujours la peine.

Quels sont tes meilleurs secrets pour bien communiquer sur son projet ?

C’est parfois difficile de voir l’impact d’une newsletter, d’une pub Facebook, d’une pub sur Google, d’une collaboration avec un influenceur, d’un marché créateurs, d’une publication sur Instagram, d’un article, d’un flyer,… Et c’est parfois décourageant. Je n’ai pas encore trouvé l’arme secrète absolue. C’est sans doute important de montrer qu’on existe, parfois les gens achètent après 2 ou 3 contacts avec une marque. La notoriété a de l’importance et ça se travaille.

Globalement, il faut essayer de se mettre à la place des clients et être hyper clair sur ce qu’on propose et sur la valeur ajoutée. Essayer d’être le plus pro possible. Il faut partir du principe que les gens ne vous connaissent pas du tout et leur prémâcher le travail pour éviter de les perdre « en route ».

Sous-traiter toute sa com et sa pub est difficilement soutenable financièrement en lancement et même après. Je conseille vraiment aux porteurs de projets de se former pour savoir gérer certaines choses par eux-mêmes. Faites en sorte de ne pas faire « amateur » ou abstenez-vous, mais gardez à l’esprit que tout s’apprend.

Quels sont tes rêves les plus fous pour ton entreprise ?

Même si j’écoule maintenant quasi 4000 articles par an, je considère que j’ai plus participé à un « business game » qu’à un vrai business puisque je n’ai pas fait d’investissements lourds, ni engagé de personnel. Mon rêve le plus fou serait de gravir une marche et lancer une vraie société dans le prolongement de ce que je fais et en m’appuyant sur les connaissances acquises ces deux dernières années. Et surtout que ça marche !

Quels sont les pièges à éviter quand on se lance ?

Croire qu’il suffit d’ouvrir une e-boutique pour faire des ventes. Il y a des milliers d’e-boutiques et pour attirer des prospects, il faut s’activer et souvent investir pour arriver à capter l’attention des clients potentiels : Google Adwords, Facebook ads, etc.

De manière plus générale, il faut se bouger pour vendre ou intégrer une marge pour faire appel à un représentant commercial au plus vite (si on souhaite vendre à des boutiques).

Comment envisages-tu tes concurrents ? Ils te font peur ?

En général, quand je vois un produit qui ressemble au mien, je me dis que le produit n’est pas tout. Il y a la qualité, l’emballage, dans mon cas aussi, le choix des textes. Il faut être présent là où sont les clients et tenir dans le temps.

Personnellement, j’essaye de trouver ma place en me différenciant. Sur notre petit marché belge, faire la même chose que quelqu’un d’autre ne serait vraiment pas très malin.

Est-ce que tu te sens seule parfois ?

Je ne me sens plus vraiment seule. Je suis bien entourée par ma famille, mes amis et mes nouvelles compères des réseaux que je fréquente. Ce qui me manque, c’est le travail en équipe, l’intelligence collective, le fait d’arriver ensemble à un résultat bien meilleur qu’en y ayant mis le même nombre d’heures seule.

Quelles sont les actualités que tu as envie de partager ?

En plus de mes mugs et de leur emballage insolite (packaging sur mesure), j’ai développé un pochon cadeau pour les T-shirts et sweatshirts. Il dit ceci : « je pense que je suis un cadeau mais je m’emballe peut-être ». J’aime ce double sens. Il est très révélateur de ce que je fais. L’objet cadeau prend définitivement une place centrale dans la collection. Il est à découvrir sur l’e-boutique ou en magasin.

www.ah-oui.be

https://www.facebook.com/AhOuiDeco

https://www.instagram.com/ahouicadeaux/

Photo portrait d’Alice © Barbara Inweins
Photos publiées avec l’aimable autorisation d’Alice © Ah Oui